Dépression et perte de poids

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Une dépression apporte un certain nombre d'effets et de symptômes. Une influence sur le poids peut en être un, ou une prise de poids. Mais n'est-il pas possible également qu'une perte de poids entraîne une dépression ? Finalement, quel est le lien entre les troubles alimentaires et la dépression ?

Essayons de faire le point.

Causes d'une perte de poids involontaire et non contrôlée

On parle ici d'une perte de poids qui ne soit pas la conséquence d'un régime amaigrissant ou d'une anorexie mentale et d'une perte de poids représentant environ 10 à 15 % du poids initial.

On peut donc recenser :

  • les causes alimentaires (changement de régime alimentaire, malnutrition) ;
  • les causes psychologiques (stress important, dépression consécutive à un choc traumatique, isolement) ;
  • les médicaments, l'alcool, le tabac ;
  • les infections ou maladies (métaboliques, neurologiques, cancers ou maladies chroniques).

Bon à savoir : la dépression peut parfois co-exister avec une maladie physique.

Perte de poids comme symptôme de la dépression

Le diagnostic de la dépression se fait à travers une série de symptômes : les praticiens recherchent des signes persistants qui peuvent signaler une dépression. Une perte de poids est l'un de ces signes. En effet, la personne déprimée, perdant tout intérêt pour la nourriture, toute relation de plaisir de faire à manger ou à manger, peut commencer à perdre du poids.

Ainsi, la perte de poids est reliée à la dépression notamment par un trouble de l'appétit induit par le manque d'intérêt que l'on reconnaît souvent chez les personnes déprimées. Il arrive que ces personnes ne prennent pas conscience de l'état de fait qu'elles n'ont jamais faim et ne mangent pas.

Bon à savoir : l'inverse est également vrai : la dépression peut créer un besoin de combler un vide et donc une prise de nourriture importante, ce qui peut conduire à une prise de poids (chez les patients schizophrènes notamment, la dépression est prédictive du gain de poids).

Relation entre dépression et anorexie mentale

On parle d'anorexie mentale pour des personnes contrôlant leurs apports alimentaires afin d'induire une perte de poids pour concilier une image fantasmée de leur corps.

Ce trouble alimentaire peut trouver son origine dans des causes psychologiques, notamment la dépression mais on ne sait pas encore bien si l'anorexie entraîne la dépression ou si c'est l'inverse. En tous cas, il apparaît clairement que l'estime de soi et le perfectionnisme peuvent être liés à la dépression. Or ce sont des caractéristiques liées aux troubles alimentaires.

Il en est de même pour la boulimie. Ce trouble alimentaire ne présente pas nécessairement de perte de poids, mais on observe qu'un état dépressif pré-existant peut en être à l'origine.

À noter : une étude montre clairement une perte de la diversité et de la richesse du microbiote intestinal (dysbiose) chez des schizophrènes atteints de dépression sévère ou d’anorexie mentale.

Influence de la perte de poids sur la dépression

Chez les personnes obèses

L'University College of London a montré dans une étude parue en 2014 que les personnes en surpoids ayant maigri ont 52 % de risques en plus d'être dépressives par rapport à celles qui n'ont pas maigri.

Ils ont relié cette conclusion au fait que les espoirs et les efforts mis dans la perte de poids sont souvent déçus : si effectivement la santé s'en trouve bien meilleure, les problèmes existants par ailleurs (familiaux, émotionnels…) ne s'en trouvent pas miraculeusement réglés. D'où une transition de vie difficile après une période de régime éprouvante. Transition que tous n'opèrent pas avec succès et qui peut amener plus facilement une humeur dépressive.

D'autres études ont également montré que les personnes obèses étaient plus à risque de faire une dépression (Clinical Psychology : science & practice, 2008).

Une autre explication pourrait tenir au fait que les patients obèses présentent très souvent une flore intestinale en très mauvais état. Or, il existe un lien clairement établit entre déséquilibre du microbiote intestinal et troubles dépressifs.

En cas de carences nutritives

Attention également aux différentes carences nutritives que l'on peut rencontrer. Que ce soit suite à un régime amaigrissant ou plus simplement suite à un mauvais régime alimentaire.

Elles n'entraîneront pas systématiquement une perte de poids mais elles sont, par contre, nombreuses à pouvoir conduire à une dépression, combinées à d'autres facteurs(Journal Natural Clinical Nutrition, 2013 – Encyclopedia of Natural Medicine) :

À noter : l'iode participe au bon fonctionnement de la thyroïde : une hypothyroïdie peut entraîner une dépression, sans pour autant qu'elle soit causée par une carence en iode issue d'un mauvais apport alimentaire.

Relation à double sens entre dépression et perte de poids

Ainsi, il apparaît bien un lien entre dépression et perte de poids mais il semble finalement pouvoir être à double sens : si la dépression entraîne souvent un effet sur l'appétit et donc une perte de poids (les problèmes psychologiques sont responsables d'environ 15 % des pertes de poids rencontrés en clinique), il n'est pas exclu qu'une perte de poids, ou ses causes, puisse entraîner une dépression.

De plus, s'ils ne sont pas encore clairement expliqués, la dépression est également à relier aux troubles alimentaires que sont l'anorexie et la boulimie. Ceux-ci pouvant également conduire à une perte de poids.

Bon à savoir : signalons par ailleurs que le fait de privilégier les aliments sains (régime méditerranéen ou régime crétois) et d'éviter les aliments pro-inflammatoires participe à la réduction du risque de dépression. De même, avoir une flore intestinale riche et diversifiée réduirait la sévérité des symptômes dépressifs.

Pour aller plus loin :

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