Dépression et cannabis

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L'usage de cannabis à des fins récréatives est très répandu, particulièrement chez les adolescents. 

Le THC, substance active contenue dans la plante, perturbe le fonctionnement du cerveau. Parmi ses effets délétères, les scientifiques ont pu mettre en évidence une augmentation du risque de dépression.

En outre, la consommation de cette drogue est plus courante chez les personnes souffrant de cette maladie. Mais le cannabis est-il une conséquence ou une cause de dépression ? Le point dans cette astuce.

Cannabis et dépression : cause ou effet ?

Différentes études scientifiques se sont intéressées, au cours des dernières décennies, au lien entre la consommation de cannabis et la survenue d'épisodes de dépression. Elles permettent d'apporter des éléments de réponses à ces questions :

  • Le fait de recourir à cette drogue augmente-il le risque de souffrir d'une dépression ?
  • Ou bien est-ce que les personnes usent de cette substance pour apaiser les symptômes liés à une dépression déjà installée ?

Certaines recherches montrent un lien entre la consommation de cannabis et l'augmentation du risque de souffrir d'une dépression :

  • Une étude américaine publiée en 2001, portant sur près de 2 000 adultes, a montré que l'usage de cannabis multiplie par 4 ce risque, et est associé à des idées suicidaires.
  • Une autre étude australienne de 2003 s'est penchée sur l'incidence de cet usage chez les plus jeunes. Elle a suivi 1 600 lycéens, âgés de 14 à 15 ans au début de l'étude, pendant plus de sept ans.

Les résultats de cette dernière étude sont sans appel :

  • D'après elle, les adolescents consommant du cannabis au moins une fois par semaine ont 2 fois plus de risques de développer une dépression à l'âge adulte.
  • Les jeunes filles sont particulièrement exposées. Un usage quotidien est associé à un risque 5 fois plus important de développer une dépression et de l'anxiété.

Bon à savoir : en France, près de 41,5 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois et 6 % sont des fumeurs réguliers.

Quid du cannabis comme auto-médication ?

La plante est connue pour ses effets apaisants et calmants à court terme. Une personne qui souffre de dépression peut ainsi chercher à améliorer son état en y recourant. Et à renouveler la prise, à la manière d'une automédication, pour apaiser ses angoisses.

À noter : en 1845, un psychiatre français, Jacques-Joseph Moreau de Tours, préconisait le cannabis pour soigner la dépression !

Bon à savoir : le décret n° 2020-230 du 7 octobre 2020 (pris en application de la loi n° 2019-1146 du 24 décembre 2019 et modifié par le décret n° 2023-202 du 25 mars 2023) autorise à titre expérimental pendant 3 ans (jusqu'à fin mars 2024) l'usage médical du cannabis en France. L'expérimentation est menée depuis le 26 mars 2021 dans 215 structures de soin volontaires auprès de 3 000 patients. Cinq indications thérapeutiques ont été retenues : certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistantes, certains symptômes rebelles en oncologie, douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapeutiques accessibles, situations palliatives – dans la prise en charge du cancer notamment comme stimulant de l'appétit afin d'éviter la perte de poids – et spasticité douloureuses des pathologies du système nerveux central (sclérose en plaques ou séquelles d'AVC).

Si la proportion d'adolescents et d'adultes souffrant de cette maladie est à peu près équivalente, le comportement des plus jeunes se démarque de celui de leurs aînés :

  • En effet, les jeunes se tournent plus fréquemment vers l'utilisation de stupéfiants.
  • Aux États-Unis, une grande enquête est régulièrement menée sur l'usage des drogues et ses liens avec la santé.
  • Celle de 2006 a montré que les jeunes qui ont souffert d'une dépression l'année précédente ont deux fois plus de risque de consommer du cannabis que les jeunes non déprimés.

Pourtant, la consommation de cannabis n'est pas sans conséquence sur l'équilibre psychique :

  • Elle tend à empirer l'état dépressif sur le long terme.
  • Elle augmente la probabilité de développer des pathologies mentales plus graves, comme la schizophrénie.

Bon à savoir : il faut entre 3 et 6 mois pour que toutes les traces de THC, la molécule active du cannabis, soit éliminé de l'organisme et que le cerveau retrouve son fonctionnement habituel.

Addiction au cannabis et dépression

Les personnes fragilisées par une dépression sont également exposées à un autre danger lorsqu'elles ont recours au cannabis, celui de l'addiction au produit :

  • Ainsi, 8 % des jeunes dépressifs consommateurs de cannabis en deviennent dépendants.
  • En revanche, le chiffre tombe à 3 % chez les jeunes qui ne souffrent pas de la maladie.

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