Parkinson et dépression

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La dépression touche, selon les études, de 30 à 75 % des personnes par ailleurs atteintes de la maladie de Parkinson. Elle peut se manifester à n'importe quel stade de la maladie voire, avant les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson.

Aussi, récemment, de nombreuses études scientifiques se sont penchées sur les liens possibles entre dépression et maladie de Parkinson. Faisons le point ensemble.

Rappels sur la maladie de Parkinson

Pour commencer, rappelons quelques notions générales sur la maladie de Parkinson :

  • c'est actuellement la 2ème maladie neurodégénérative derrière la maladie d'Alzheimer ;
  • elle touche préférentiellement les personnes âgées de plus de 50 ans (90 % des cas) et les hommes ;
  • en France, elle touche environ 120 000 personnes ;
  • si sa cause est méconnue, on lui reconnaît des origines multifactorielles, parmi lesquelles une prédisposition héréditaire et des facteurs liés à l'environnement ;
  • les symptômes moteurs les plus courants sont des tremblements au repos, une rigidité musculaire et un ralentissement des mouvements ;
  • des symptômes non-moteurs tels que des troubles psychiques, des problèmes de sommeil, de la constipation, peuvent également apparaître.

À noter : tous les symptômes de la maladie de Parkinson ne se présentent pas chez chaque patient et la maladie évolue très différemment selon chacun, indépendamment de l'âge d'apparition. Elle a peu d'impact sur l'espérance de vie.

Dépression : un trouble non-moteur de la maladie de Parkinson

Troubles non-moteurs de la maladie de Parkinson

Parmi les troubles non-moteurs de la maladie de Parkinson, on recense notamment :

  • l'anxiété ;
  • la dépression ;
  • la démence ;
  • l'apathie ;
  • la perte de l'odorat ;
  • la vision double.

Remarque : la dépression apparaît comme étroitement liée à la maladie de Parkinson. Mais, selon les études actuelles, il n'est pas clairement établi s'il s'agit d'un symptôme de la maladie ou d'un facteur déclenchant, ou même de la conséquence d'un traitement médicamenteux.

Dépression précédant la maladie de Parkinson

Selon la littérature spécialisée, la dépression entraînerait un risque 3 fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson (Neurology, 2013).

Mais, en tant que telle, la dépression ne serait pas un déclencheur de la maladie, plutôt un facteur de risque supplémentaire de maladie :

  • moins de 2 % des personnes ont été diagnostiquées parkinsoniennes après une dépression (Neurology, 2013) ;
  • mais 30 % des parkinsoniens présentent un épisode dépressif avant l'apparition de Parkinson.

Cependant, on a montré également que si une dépression peut apparaître à n'importe quel stade de la maladie de la Parkinson, il arrive qu'elle précède de plusieurs années le diagnostic de Parkinson.

Remarque : une des difficultés d'ailleurs relevée dans le diagnostic de Parkinson est une certaine similitude des premiers symptômes entre Parkinson et la dépression.

Dépression consécutive à la maladie de Parkinson

La dépression peut également être consécutive à la maladie de Parkinson.

L'annonce du diagnostic fait l'effet d'une bombe, puis les différents symptômes entraînent quantité de difficultés et une qualité de vie qui se réduit, des rapports humains plus complexes, des inquiétudes quant à la suite.

Tout ceci peut entraîner une dépression qu'il faut prendre le temps de diagnostiquer et de traiter tant elle peut avoir des répercussions négatives sur les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson.

À noter : ceci souligne un autre fait reconnu, à savoir que, parmi la population des parkinsoniens, nombreux sont ceux dont la dépression n'a pas été diagnostiquée ni traitée, ce qui est dommageable tant pour le patient que pour son entourage.

Dépression suite à un traitement anti-parkinsonien

La dépression peut également être induite par un effet secondaire d'un traitement anti-parkinsonien. La dopamine est mise en cause, mais également, depuis peu, la sérotonine et la norépinéphrine.

En effet, ces neurotransmetteurs ont un effet reconnu sur l'humeur. Or, la maladie de Parkinson, entraîne la destruction de certains neurones ce qui peut conduire à des déficits des taux de dopamine et de sérotonine et déboucher sur un syndrome dépressif.

Remarque : si le rôle de la dopamine est bien lié à la régulation de l’humeur, du tonus et du plaisir, tous les neurones dopaminergiques ne sont pas dédiés à cette régulation, c'est pourquoi les symptômes dépressifs ne concernent pas tous les patients.

Parkinson et dépression : quel traitement ?

Le premier point est de parler de la possibilité d'une dépression dans la maladie de Parkinson. En effet, peu de parkinsoniens consultent pour ces troubles, et donc sont peu traités.

Les thérapies sont de plusieurs ordres :

  • les traitements médicamenteux, qui visent le plus souvent à combler l'insuffisance en dopamine : antidépresseurs tricycliques, inhibiteurs sélectifs de la sérotonine ou autre antidépresseur (le Mucuna pruriens, plante grimpante qui pousse en Inde et en
    Afrique, est utilisé dans la maladie de Parkinson, dans les états de fatigue, ou encore lors de dépression avec apathie en raison de sa teneur en L-dopa) ;
  • le soutien psychosocial, la thérapie comportementale, la psychothérapie sont très utiles dans le traitement de ce type de dépression un peu particulier ;
  • la thérapie électro-convulsive, qui donne de bons résultats.

Bon à savoir : un récent rapport du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe décrit comment la danse s’est avérée apporter des améliorations cliniquement significatives des scores moteurs pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

En attendant que d'autres études établissent clairement quelle part des symptômes dépressifs précèdent la maladie de Parkinson et quelle part se déclenche à la suite de cette maladie, ces troubles psychiques doivent être mieux diagnostiqués et pris en charge.

Pour en savoir plus :

  • Le Parkinson idiopathique (MPI) est la forme de maladie de Parkinson qui est la plus fréquente de toutes. Faisons le point sur tous les aspects de cette maladie.
  • L'akinésie, qui est un trouble des mouvements, est un des symptômes majeurs de la maladie de Parkinson. En quoi consiste-t-il ? On vous dit tout !
  • Quand la maladie de Parkinson est décelée chez une personne, il est fondamental de ne pas la laisser seule et de savoir vers qui se tourner. On vous présente tous les types d'aide en cas de Parkinson.

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