Il existe différents types de traitement pour dépression, mais le principal est l’antidépresseur, souvent prescrit pour guérir de la dépression. L’antidépresseur peut en revanche entraîner des effets secondaires et l’arrêt de l’antidépresseur peut nécessiter un sevrage.
Traitement dépression : la révolution de la psychiatrie
Les médicaments antidépresseurs ont été inventés en 1957 par le psychiatre suisse Roland Kuhn. La découverte du premier traitement de la « folie » avec le Largactil par Henri Laborit en 1952, puis du premier antidépresseur avec un dérivé de la même molécule en 1957, a entraîné une véritable révolution de la psychiatrie.
Jusque-là, les troubles psychiatriques étaient totalement dépourvus de traitements pharmacologiques.
L’antidépresseur : traitement biologique de la dépression
Les antidépresseurs sont des traitements biologiques de la dépression, car ils agissent sur des neurotransmetteurs (dopamine, adrénaline, sérotonine). On parle de psychotropes pour désigner cette famille de médicaments.
Les psychotropes englobent :
- les neuroleptiques ;
- les anxiolytiques ;
- les anticonvulsivants ;
- ou les somnifères.
Néanmoins, 44 % des patients dépressifs sont résistants aux antidépresseurs, d’où l’intérêt de trouver des alternatives thérapeutiques.
Des études ont également montré l’efficacité de l’eskétamine (administrée par pulvérisations intranasales une fois par semaine ou deux fois par mois en milieu hospitalier) dans le traitement des épisodes dépressifs résistants. Ce médicament a réduit de 51 % le risque de rechute pour les patients en rémission et a permis la stabilisation de 70 % des personnes anciennement dépressives.
Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) a émis en octobre 2019 un avis favorable recommandant son autorisation de mise sur le marché dans l’Union Européenne. En France, suite à l’étude susmentionnée, l’eskétamine s’est vue attribuer en septembre 2019 une autorisation temporaire d’utilisation (ATU).
D’autres types de traitement de la dépression
Les antidépresseurs sont souvent complétés par :
- des traitements de médecine douce, tels que :
- les antidépresseurs naturels (par exemple, le safran, à raison de 30 à 60 mg/jour, aurait la capacité d’agir dans la dépression en inhibant la recapture de la sérotonine et de la dopamine ; de même le curcuma a fait la preuve de son efficacité contre la dépression ; ou encore le millepertuis qui améliore le niveau de sérotonine du cerveau),
- l’homéopathie,
- l’acupuncture,
- la luminothérapie,
- la naturopathie qui pourra entre autres préconiser l’utilisation de la coenzyme Q10 à des doses conséquentes en parallèle des thérapies classiques, ou une supplémentation en vitamine D, en zinc et en magnésium, ou encore en L-tyrosine ou en tryptophane (5 Hydroxytryptophane ou 5HTP),
- une alimentation adaptée particulièrement riche en lutéoline (persil, céleri, citrus, épices, brocoli, etc.) et en omégas 3, DHA en tête (consommez de l’huile de lin, des oléagineux et des poissons gras trois fois par semaine) et limitez la consommation d’acides gras trans et saturés (charcuterie et viandes grasses) ;
- certain compléments alimentaires : probiotiques (bifidobactéries ou lactobacilles), taurine, huile de CBD…
- mettez aussi l’accent sur la vitamine B6 (100 mg/jour) qui permettrait de réduire efficacement les signes dépressifs.
- des thérapies spécifiques : thérapies comportementales et cognitives, familiales, l’hypnose, cohérence cardiaque, etc. ;
- le botox (l’injection de toxine botulinique dans la glabelle réduit les symptômes de la dépression car, en modifiant l’expression du visage de quelqu’un, on peut réduire ses aspects négatifs et améliorer le bien-être) ;
- la cure de sommeil (faire des pauses dans la journée pour recharger ses batteries est essentiel dans la gestion du stress et l’équilibre de ses neurotransmetteurs) ;
- des séjours à l’hôpital, etc.
Dans la mesure où les antidépresseurs n’offrent pas d’intérêt thérapeutique évident chez les enfants et les adolescents, la prise en charge de leur dépression doit être essentiellement psychothérapeutique. Après un à deux mois de psychothérapie sans évolution, le traitement par antidépresseurs peut être envisagé mais toujours en association avec une psychothérapie.
Anti-inflammatoires : une approche inédite dans le traitement de la dépression
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent également se révéler intéressants, dans la mesure où ils améliorent les pathologies chroniques associées à la dépression, ce qui a un retentissement positif sur les symptômes dépressifs proprement dits. De plus, l’inflammation pourrait entraver la neurogénèse (formation de nouveaux neurones), ce qui participerait au déclenchement et à la pérennisation des symptômes dépressifs.
Une étude conclut même à l’effet antidépresseur des AINS. Ils réduiraient les symptômes dépressifs de près de moitié en comparaison à un placebo. Les effets secondaires observés sont ceux classiquement retrouvés lors de la prise d’AINS, à savoir des troubles gastro-intestinaux.
Par ailleurs, en cas de dépression aiguë, les cytokines pro-inflammatoires sont fréquemment augmentées, d’où l’idée en cours d’étude d’essayer d’utiliser des inhibiteurs de cytokines (dont des anticorps monoclonaux) pour traiter la dépression.